Le 8ème Imam Ali Reza (A.S)

 

“La confiance (en Allah) est à des degrés divers, l’un d’entre eux étant que vous comptez sur lui pour tout ce qui vous concerne, et lorsqu’il vous fait quelque chose dont vous savez qu’il ne vous apportera rien de bon, vous vous fiez à sa sagesse pour le faire. de sorte que vous avez néanmoins confiance en lui volontiers. Un autre que vous croyez dans l’Invisible et vis-à-vis d’Allah dont vous n’avez aucune connaissance, vous vous êtes donc fié à lui et à ses dépositaires, en faisant confiance en lui à leur égard et aux autres” Imam Ali Reza (A.S) – Source : Tuhaf al-‘Uqu’l, p. 443
Qui est l’Imam Reza (A.S) ?

L’Imam Ali al Reza est le fils du septième Imam (Mussâ Ibn Jaffar Al Kazem) et selon des sources sûres, est né le 11 de Dhûl al-Qa’adeh en l’an 148H à Médine un mois après la mort de son grand-père l’imam Ja’far as-Sâdiq. Son père est mort empoisonné dans sa prison par le calife abbasside Hârûn ar-Rachîd en 799, et mourut le 4 du mois de Safar en l’an 203H. Le huitième Imam parvint à l’imamat après la mort de son père, sur Ordre divin et décret de ses prédécesseurs. La période de son imamat coïncida avec le califat de Hârun et de ses fils Amin et Ma’mûn.

Ses connaissances, sa gentillesse, sa générosité, ses dispositions à la bonté et sa piété étaient sans limites. On raconte que l’Imam aurait veillé toute la nuit en priant et qu’il aurait terminé la lecture de tout le Coran en trois jours. Il aurait prié pendant des heures d’affilées et accompli mille rak’ah en une journée et une nuit. Il se serait prosterné pendant plusieurs heures. Il avait l’habitude de jeûner souvent.
Il n’aurait jamais interrompu quelqu’un pendant qu’il parlait, ni abusé de quiconque. Il ne se serait jamais étendu en présence de quelqu’un, ni n’aurait jamais ri aux éclats, ni craché devant quelqu’un. Il s’asseyait avec tous ses proches, femmes et serviteurs et partageait ses repas avec eux. Le Calife Ma’mûn essaya de trouver une nouvelle solution à ces difficultés politiques qui, depuis soixante-dix ans n’avaient pu être résolues par ses prédécesseurs Abbassides et il voulut désigner l’Imam comme héritier présomptif.

 

La nomination de l’Imam Ali Reza (A.S) par le calife une stratégie échouée

Cependant, l’événement le plus marquant de cette époque demeure la nomination à la succession au califat de l’Imam Reza par le calife abbasside.
Ma’moun essaya de trouver une solution efficace pour mettre fin à ces contraintes politiques qui, depuis soixante-dix ans, n’avaient pu être résolues par ses prédécesseurs abbassides. Pour arriver à ses fins, il décida de nommer l’Imam Reza comme son successeur, espérant ainsi surmonter deux difficultés : premièrement, empêcher les partisans des descendants de la Famille du Prophète de se rebeller contre le gouvernement puisqu’ils en feraient eux-mêmes partie, et mettre ainsi fin aux mouvements d’opposition, et deuxièmement, faire perdre aux gens leur croyance spirituelle et leur attachement intérieur aux Imams. Ceci pourrait selon lui être réalisé en laissant les Imams se mêler des affaires mondaines et de la politique du califat, qui avait toujours été considérées par les chiites comme mauvaises et impures. De la sorte, leur organisation religieuse s’écroulerait, tout comme la dimension sacrée de leur lutte, et ils ne représenteraient plus un danger pour le pouvoir officiel : ils ne seraient qu’une école parmi les autres. Ces desseins une fois accomplis, l’éloignement de l’Imam ne présenterait aucune difficulté pour les Abbassides. Cette nomination permettait également à Ma’moun de se rallier les chefs de son armée, en majorité pro-chiites.

Dans un ultime effort de contrer l’Imam Reza et de diminuer son prestige idéologique, Ma’moun organisa des débats durant lesquels les savants les plus brillants des différentes religions et sectes se réunissaient. Il y convia le huitième Imam qui débattait avec de hautes personnalités juives, chrétiennes, hindoues… et les réduisait au silence devant la puissance de son éloquence et de son argumentation.

De quelles manière l’Imam Ali Reza (A.S) a-t-il transmis la science

A Marv, l’Imam Réza ne perdit jamais une occasion d’aller à la rencontre des gens et de leur transmettre certains préceptes religieux, paroles qui étaient ensuite compilées et diffusées. En outre, comme nous l’avons évoqué, l’Imam Reza eut un rôle important dans l’affirmation de la prééminence du chiisme grâce à ses controverses avec des chrétiens, des juifs, des sabéens et même des athées. Les arguments décisifs qui y étaient développés par l’Imam Reza et l’audience qu’elles rencontraient eurent un rôle de premier plan dans la propagation du chiisme.

Le voyage de l’Imam Reza de Médine à Marv lui permit tout d’abord de passer par de nombreux villages et villes d’Iran, où sa présence produisit une forte impression sur les populations locales et renforça le courant de sympathie chiite. La réalisation de plusieurs miracles, mais surtout ses paroles touchèrent de nombreuses personnes. En passant par Neyshâbour, lors de son voyage de Médine au Khorâssân, des compilateurs de hadiths du prophète Mohammad vinrent vers l’Imam Reza en lui demandant de leur transmettre une parole de son ancêtre afin de la consigner par écrit. L’Imam Reza leur rapporta alors cette parole du Prophète : « Dieu a dit : La parole « Il n’y a pas de dieu en dehors de Dieu » est Ma forteresse (hisni) ; quiconque entre dans Ma forteresse sera épargné de Mon châtiment’’« . L’Imam ajouta : « Mais à condition de respecter ses conditions, et je suis l’une de ses conditions« . Lorsque l’Imam Reza rajoute cette condition, il souligne ainsi l’importance de la reconnaissance du principe de wilâyat, c’est-à-dire de l’amour porté aux Imams et la nécessité de leur porter allégeance ; principe fondamental du chiisme. Ce hadith ne tarda pas à devenir un pilier de l’héritage spirituel du chiisme, et renforça l’importance de la wilâyat dans l’esprit des gens.

Fort de leur reconnaissance officielle, les partisans de l’Imam Reza multiplièrent leurs activités pour diffuser la pensée chiite dans tout le pays, entraînant un nombre important de conversions. L’Imam Reza atteignit un respect et une vénération sans précédent dans l’ensemble du pays. Il conféra également une assise sociale durable au chiisme en Iran, dont les effets perdurèrent et façonnèrent l’histoire des siècles suivants, en atteignant un point d’orgue lorsque le chiisme devint religion d’Etat sous les Safavides.

Quelles étaient les conséquences du qui entraîne le martyr de l’Imam Ali Reza (A.S)

Ma’moun ne tarda pas à réaliser qu’il avait commis une erreur car sa décision permit au contraire une propagation sans précédent du chiisme en Iran, un attachement croissant du peuple à l’Imam et l’augmentation de son audience au sein même de l’armée et des agents gouvernementaux. Il se produisit donc exactement le contraire de ce que Ma’moun escomptait.Face à l’ensemble de ces échecs, Ma’moun retourna aux stratégies de ces prédécesseurs et décida finalement de tuer le huitième Imam en l’empoisonnant.
Ma’mûn chercha un remède à ses difficultés et fit empoisonner l’Imam. Après sa mort, l’Imam fut enterré dans la ville de Tûs en Iran, qui se nomme actuellement Mashaad. Ma’mûn fit preuve d’un grand intérêt pour la traduction des œuvres intellectuelles et scientifiques en arabe. Il organisa des réunions dans lesquelles les savants des différentes religions et sectes se réunissaient et menaient des débats scientifiques et académiques. Le huitième Imam participa également à ces assemblées et se mêla aux discussions avec les savants d’autres religions. Plusieurs de ces débats sont enregistrés dans les collections de hadiths chiites.

Sources :
– Qomi, Sheikh ’Abbas, Montahâ al-Amâl (L’extrémité des souhaits), Téhéran, Enteshârât-e ’elmi.
– Hosseini, Dja’far Mortezâ, Zendegui-e siyâsi-e hashtomin Emâm hazrat-e ’Ali ibn Moussâ al-Reza (La Vie politique du huitième Imam, ’Ali fils de Moussâ al-Reza), traduit de l’arabe au persan par Seyyed Mohsen Khaliliân, Téhéran, Bureau de la Culture islamique, 7ème édition, 1373/1994.
– L’Imam ’Alî al-Ridâ (p) – L’Etranger de Tûs, compilation et traduction de Leila Sourani, éditions BAA, 2009.